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L'Eglise de la Pélisserie: un regard sur 170 ans d'histoire








1810

1817

L'Eglise de la Pélisserie est le maillon d'une chaîne qui la relie à la première église indépendante à Genève, constituée le 21 septembre 1817.

Le temps des pionniers
 
L'histoire de cette église est donc intimement liée à celle du Réveil religieux en terre genevoise. On ne peut, en effet, se pencher sur ses origines, sans évoquer les pionniers de ce mouvement qui marqua, à Genève, la première partie du siècle passé : tout d'abord, la figure remarquable de Robert Haldane, chrétien écossais et véritable guide spirituel, puis le nom de ceux qui, directement ou indirectement, bénéficièrent de son enseignement, les : César Malan, Ami Bost, Henri Empeytaz, Henry Pyt, Jean-Guillaume Gonthier, Pierre Méjanel, Emile Guers, Louis Gaussen

 En ce début du XIXe siècle, l'église de Genève n'est plus celle de Calvin. Du christianisme vivant et lumineux des Réformateurs, on a passé insensiblement au rationalisme le plus desséchant. Or, à Genève en ce même temps, à la suite de l'influence exercée par le piétisme morave et le méthodisme anglais, se tiennent, en privé, de petites assemblées religieuses où l'on prie et où l'on chante des cantiques. On se rencontre aussi au sein de la « Société des Amis » ou encore dans des assemblées d'édification chrétienne qu'Empeytaz préside dans son appartement de la rue Verdaine. Ces réunions sont fréquentées assidûment par plusieurs jeunes étudiants en théologie - parmi lesquels Gonthier et Guers - tous avides d'approfondir et de vivre la réalité de la Vérité évangélique

 

Henri Empeytaz  1790-1853




















1817

Le temps de l'opposition

1813 Le 24 décembre 1813, le Consistoire, inquiet de voir se développer ces rassemblements

non-officiels, prend un arrêté interdisant à tout étudiant en théologie de participer aux assemblées religieuses particulières, sous peine de se voir refuser la consécration. Empeytaz, Guers et Gonthier, en conscience, ne peuvent se soumettre à pareille injonction. Empeytaz comparaît devant le Consistoire le 3 juin 1814, se voit interdit de tout office ecclésiastique et s'expatrie le 13 août 1814. En novembre 1816, Empeytaz fait paraître, du lieu de sa retraite, un écrit intitulé : « Considérations sur la divinité de Jésus-Christ, adressées à Messieurs les étudiants de l'Auditoire de théologie de l'église de Genève ». Cet écrit fait grand bruit

L'impasse théologique
Il s'ensuit que l'Autorité ecclésiastique, craignant les polémiques en chaire et le trouble qui pourrait en résulter dans le troupeau des fidèles. prescrit aux pasteurs en charge, le 3 mai 1817, de s'abstenir dans leur prédication d'exprimer leur opinion sur les points doctrinaux suivants:

  • la manière dont la nature divine est unie à la personne de Jésus-Christ ;

  • le péché originel ;

  • la manière dont la grâce opère, ou sur la grâce efficiente ;

  • la prédestination.

Ce règlement, laissant planer un doute au sujet de la divinité de Jésus-Christ, suscite de vives réactions, tant à Genève qu'à l'étranger. C'est ainsi que l'idée de séparation, redoutée et à laquelle personne ne pensait vraiment jusqu'alors, va se concrétiser.

Une association se constitue quelques jours plus tard, formant un petit noyau de chrétiens évangéliques convaincus, duquel sortira bientôt la première église indépendante à Genève, depuis la Réformation.

 Création et structuration d'une nouvelle église

Le 25 août 1817, une conférence réunit Méjanel, Malan. Pyt, Gonthier, Guers et quelques autres personnes. Tous les participants se mettent d'accord sur la forme et l'organisation d'une église qui soit conforme à l'église primitive décrite dans le Nouveau Testament. Un mois plus tard, le 21 septembre, dix frères, réunis chez l'un d'eux à Sécheron (chez Drummond), prennent la Cène pour la première fois hors de l'église officielle. C'est Malan qui la distribue.

Le 5 octobre, les frères et les sœurs de l'église naissante, célèbrent ensemble la Cène, distribuée par Pyt, dans un local de la Tête Noire, rue basse de la Croix-d'Or. Celui-ci est en fait une salle d'école mise à disposition par un ami croyant, J.-F Privat. C'est en ce lieu,