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  Inauguration de la chapelle

Détail de la poignée de la porte d’entrée, aquarelle de OE-L. Brocher

La chapelle de la Pélisserie fut inaugurée le 24 mars 1839. Le récit suivant est tiré de Fragments des archives de la petite Eglise de Christ, connue sous le nom d’Eglise du Bourg-de-Four manuscrit non publié, 35 cahier, p. 49 à 53 :

Le frère pasteur Guers, chargé d’ouvrir la cérémonie le fit en ces termes :

 "Mes frères, je vous invite à vous lever !"

La maison de prière dans laquelle nous sommes assemblés a été élevée à la gloire du Dieu trois fois Saint, du Père, du Fils et du Saint-Esprit: 

Pour rendre témoignage aux grandes Vérités qu’a programmées l’Eglise de touts les siècles, l’Eglise de l’âge primitif, l’Eglise du moyen âge, l’Eglise de la Réformation aux Vérités que proclamaient dans nos murs, il y a 300 ans, ces trois nobles témoins du Fils de Dieu, Viret, Farel et Calvin. 

Pour annoncer, selon la mesure du don de Christ qui nous a été départie, que le Salut, de l’Alpha à l’Oméga, vient de Celui qui est assis sur le Trône et de l’Agneau.

Et pour adresser les âmes travaillées et chargées à l’Ami des pécheurs et les affermir ensuite, par la grâce du Saint-Esprit dans la vivante connaissance de Celui qui nous a été fait de la part du Père, Sagesse. Justice, Sanctification et Rédemption, 

A Lui soit gloire d’Éternité en Éternité!  

Nous venons, en ce jour, le bénir de nous avoir si gratuitement et si miséricordieusement donné ce lieu de réunion qui nous était devenu indispensablement nécessaire. 

Nous venons aussi, par nos chants, nos supplications et nos actions de grâces, le placer et nous placer solennellement sous la Sauvegarde de Celui qui marche au milieu des sept Chandeliers et qui tient les sept Étoiles en sa main droite.  Que cette maison subsiste bénie aussi longtemps qu’elle servira à sa gloire. Et que nos âmes y paissent, heureuses et fidèles, sous la houlette du Souverain Berger. »

Mais qu'elle périsse du jour où, ce qu'à Dieu ne plaise ! les doctrines funestes d'une sagesse et d'une science faussement ainsi nommées, seraient parvenues à l'envahir. 

Qu'ainsi donc, mes frères, notre aide et notre commencement soient au Nom du Père qui nous a aimés d'un amour éternel, du Fils qui nous a rachetés par son sang précieux, et du Saint-Esprit qui nous illumine. nous sanctifie et nous console. Amen ! » 

L'assemblée s'étant assise, le frère qui présidait lut le Ps. 67, qui fut suivi du cantique: "Adorons Dieu notre Père". Et tous ensemble, tombant à genoux, nous suivîmes du cœur la prière que ce frère adressa à l'Auteur de tout don parfait pour le bénir de la grâce qu'il venait de nous faire en nous introduisant dans cette nouvelle maison de prière.

Le frère L'Huilier lut ensuite le Ps. 103, pria et fit chanter les versets 1 et 4 du cantique: "Chrétiens, peuple fidèle, etc.". Le frère Empeytaz termina le service en lisant le Ps. 138, suivi d'une prière, et du chant des versets suivants : « Sauve ton peuple, Seigneur ! etc. » « Veuille exaucer nos soupirs, etc. ». Ce sont les versets 7 et 8 du cantique « Grand Dieu ! nous te bénissons, etc. ». 

Le cher pasteur Gaussen, désirant nous donner une nouvelle preuve de cet intérêt et de cet amour fraternels dont il n'avait jamais cessé de nous multiplier les témoignages, résolut d'assister à l'inauguration de notre nouveau local ; il réjouit tous nos cœurs par sa présence

au milieu de nous. Le pasteur Empeytaz, qui occupait encore la tribune où il était monté le dernier, l'invita à prier, et la requête de ce bien-aimé frère, respirant le plus tendre amour fraternel, pénétra tous nos cœurs.

 Le pasteur Empeytaz lut encore le Ps. 150 ; puis un chœur chanta le Ps. 118, musique du frère Bost. Ce cher frère avait toujours accompagné les chants en touchant les belles orgues dont une soeur en Christ avait généreusement fait don à la chapelle : il avait ainsi voulu nous donner, lui aussi, ce témoignage de fraternité qui nous fut extrêmement sensible.

 Un incident remarquable contribua à fortifier nos cœurs dans cette heure solennelle. Les 3 pasteurs s'étaient réunis quelques instants dans la petite salle d'en bas avant d'ouvrir l'assemblée. Là, après avoir prié ensemble, l'un d'eux se sentit pressé de demander au Seigneur, et par le moyen de sa Parole, quelque manifestation de sa volonté à notre égard ; puis, ouvrant la Bible avec foi, ses doigts et ses yeux s'arrêtèrent sur 2 Chr. 6 v 18-25

« Célébrez l'Éternel car il est bon, parce que sa miséricorde dure à toujours ». 1 Chr. 16. 34 

Le 24-mars 1839 fut donc un jour bien solennel pour notre Eglise. Appelée jusqu'à ce moment là « Eglise du Bourg-de-Four », elle prit naturellement dès lors le nom de : « Eglise de la Pélisserie ».