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Appel de fonds pour la construction

La lettre de septembre 1835 sollicitant des fonds en vue de l’édification d'une chapelle fut envoyée principalement à des coreligionnaires de I’étranger. Nous la reproduisons in extenso ci-dessous.

Les pasteurs et les diacres de I’ église de Christ qui s'assemble au Bourg-de-Four, à Genève, à leurs frères en Jésus-Christ.

Bien-aimés frères en Christ, I’Espérance de la Gloire. que la Grâce du Seigneur Jésus-Christ, la Charité de Dieu, et la Communication du Saint-Esprit soient avec vous tous. Amen !

Dès 1811, quelques-uns d'entre nous avons eu le doux privilège de connaître Jésus, et de parler de son amour au milieu de nos compatriotes. Ce grand Dieu et Sauveur nous a fait ainsi la grâce d'assister à la naissance du réveil religieux de Genève, et de prendre une part active à cette nouvelle réformation de notre patrie. Honneur dont nous nous déclarons mille fois indignes, et dont nous le bénirons dans le temps et dans I'éternité. Jusqu'en 1817. nous n'avions eu que de simples assemblées d'édification plus ou moins publiques, mais nullement séparées de I’ église nationale de notre ville. Au mois d'août de cette même année, nous adoptâmes une forme régulière d'église, indépendante de la communion générale. et constituée selon la Parole de Jésus et de ses apôtres. Dès lors, la prédication du salut par grâce s'est faite parmi nous avec une force et une clarté croissantes, et l'affluence des âmes désireuses de l'entendre, nous a plusieurs fois contraints de chercher pour nos réunions des salles plus spacieuses.

Le local que nous occupons depuis 1819 sur la place du Bourg-de-Four, et que de nouveaux arrangements avaient considérablement agrandi en 1826, à peu près suffisant pour cette époque-la, ne répond maintenant plus à sa destination, par les raisons principales que voici :

D'abord ce local est si loin de pouvoir contenir les auditeurs étrangers à notre troupeau, qu'il peut à peine recevoir I’ église toute entière que sa petitesse nous a jusqu'ici privés d'une grande douceur, objet de tous nos vœux, celle de pouvoir amener avec nous nos enfants dans notre maison de prières, et de nous réunir de temps en temps avec eux en assemblée générale pour les présenter au Seigneur.

De ce défaut de capacité de notre local. résulte pour nous un inconvénient d'un autre genre. également fort grave. Les personnes d'une complexion délicate fuient avec regret une salle de dimensions si rétrécies, ou des courants d'air perpétuels, une atmosphère rapidement viciée, la difficulté de respirer à I’aise. I’ intensité de la chaleur dans la belle saison, etc., menacent à l’envi les santés affaiblies. Les pasteurs les premiers souffrent en leurs corps de I’étroitesse du vase dans lequel ils ont à délivrer le message du salut.

Sans doute de tels inconvénients justifieraient déjà suffisamment la recherche que nous faisons actuellement d'un meilleur local. Mais il en est un troisième d'une gravité si manifeste, qu'il suffira de I’énoncer pour frapper tous nos amis chrétiens. Notre local actuel, avec ses deux compartiments, dont le plus élevé est disposé en tribune ou galerie, ne nous offre aucune garantie d'une entière solidité ; la maison dont nous occupons le deuxième et le troisième étages, est vieille et usée ; tellement que, dans les réunions ou la salle supérieure et I’inférieure sont complètement remplies, nous nous trouvons nécessairement placés sous la menace d'un accident terrible. Sans doute le Seigneur sait protéger et garantir les siens mais le Seigneur aussi ne veut pas que les siens le tentent.

 Jusqu'ici nous avons toujours été en location. Mais à moins que nous ne renouvelions, si possible, notre bail actuel, à I’avenir nous ne trouverions nulle part à louer. Les nombreuses tentatives que nous avons faites, à de longs intervalles, pour nous procurer un appartement plus convenable, ont constamment échouées. Pour bien des raisons I'on ne se soucie nullement de recevoir en location chez soi, I'une de ces congrégations dites « méthodistes » ; tellement que si la fidélité de notre Père ne nous eut ouvert, puis conservé, notre asile du Bourg-de-Four, nous n'eussions vraiment su, et nous ne saurions encore à la lettre, que devenir.

 Dans un tel état de choses, quelle obligation pèse donc sur nous ? Évidemment celles de représenter à nos amis en Christ notre position «domiciliaire», telle que nous venons de la retracer, et de les inviter à procurer, à I’ une de ses églises, un lieu de réunion tout à la fois

 

Nous pouvons. par la bonté du Seigneur, en dire autant de la France et de la Suisse française. II nous a donné de concourir aussi, dès le Principe, au nouveau réveil de ces contrées. soit par le moyen de diverses publications religieuses, en particulier du Magasin Évangélique ,Journal qui parait avoir donné parmi nous une impulsion marquée à l'œuvre des missions païennes et continentales, soit par l'envoi officiel, soit par le départ volontaire. Soit bien obligé par la persécution, de plusieurs témoins de Jésus, dont quelques-uns se reposent déjà dans le sein de leur Maître (Félix Nef, Henry Pyt), et d'autres sont encore engagés dans la lutte. Jusqu'ici nous avons eu la douceur de compter au-delà de vingt-cinq serviteurs de Dieu, ministres, missionnaires-Instituteurs, missionnaires-artisans, colporteurs et autres, sortis ou de notre église ou de notre école d'évangélistes populaires, pour aller annoncer en France et ailleurs, les richesses incompréhensibles de Christ. La plupart d'entre eux travaillent encore:deux sont maintenant en route pour l'Orient. Au Seigneur seul soit la gloire; à nous: la confusion de face pour nos nombreuses infidélités!